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Orientation

Témoignages

Témoignages d'anciens élèves

Cette rubrique est consacrée à des témoignages d'anciens élèves de la filière Économique et Sociales (B ou ES). Elle pourrait, par exemple, permettre aux collègues d'avoir quelques exemples à donner à des élèves ou parents d'élèves inquiets du devenir des bacheliers ES (ou à des collègues encore soumis à d'éternels clichés !).

Si certains collègues réussissent à récupérer des témoignages de leurs anciens élèves, cela permettrait de constituer une "banque de témoignages". (exemple de lettre à envoyer à vos anciens élèves au format .rtf ou au format .zip)

Si vous êtes un(e) ancien(e) élève de la filière ES, vous pouvez directement envoyer votre témoignage au webmestre.

Étudiants

Parcours "post-bac" et parcours professionnel

Commentaires sur la série "Économique et sociale"

Emilie...
Baccaluréat ES en 2008

Après des petits tâtonnements (commencement d'un cursus de lettres modernes), je suis en master 1 de droit de l'innovation, de la culture et de la communication à Sceaux, après une licence de droit privé à Paris II. Dès que j'ai eu l'occasion, j'ai pris les enseignements d'économie, notamment cette année, j'ai suivi un cours très intéressant d'économie de l'information et de la connaissance, et j'ai rédigé un rapport sur l'économie invisible des données personnelles sur internet et les possibilités de régulation par le droit.
Actuellement (2014-2015), je suis en Master 2 - Droit de l'environnement.

Le bac ES est selon moi extrêmement bon. Je garde un très bon souvenir des cours de SES.

Annouck Fourmigue

Baccalauréat B en 1994

J'ai obtenu mon bac B en 1994, je me suis inscrite en droit à la fac de Tours. J'ai obtenu mon DEUG en trois ans (redoublement de ma première année), puis j'ai fait une licence de droit public, toujours à Tours. J'ai ensuite été acceptée en maîtrise de science politique à Paris I (Sorbonne), où j'ai ensuite fait un DEA de science politique, obtenu en 2000. Particulièrement passionnée par ces études, je me suis inscrite en thèse de science politique (plutôt orientée sociologie politique), et je prépare (j'en suis au début...) un doctorat sur la question des limites de l'universalité du suffrage en France après 1945 (droit de vote des étrangers et mobilisations politiques, exclusion du droit de vote de certains détenus et incapables majeurs, conception de la citoyenneté en France depuis la fin de la 2ème guerre mondiale, etc.).

Pour financer cette thèse, j'ai commencé à travailler. Je suis donc depuis novembre 2000 attachée parlementaire au Sénat. Mon travail consiste à travailler pour un, en l'occurrence une, élue: je suis chargée de préparer certains dossiers, des notes de synthèse, des recherches, mais aussi de rédiger des amendements, interventions dans l'hémicycle sur des projets de ois, discours divers pour des réunions, colloques, assemblées générales...J'accompagne ou représente également cette élue dans des réunions, des rencontres, etc. En parallèle de ce travail, je suis également, dans le cadre de mon doctorat cette fois, chargée de TD en droit constitutionnel (1ère année de droit et d'AES) à l'université de Versailles-Saint Quentin en Yvelines.

Je n'ai jamais regretté le choix d'un bac B, bien au contraire.

Je garde de cette filière le souvenir d'études souvent passionnantes, exigeantes, et très formatrices. Le bac B permet d'une part de s'entraîner assez "intensément"(!) à la rédaction de dissertations, donc à se servir de ses connaissances et à structurer sa pensée, à développer une écriture rigoureuse et précise. C'est de mon point de vue un élément fondamental pour les études supérieures.

Je constate d'ailleurs dans mes TD que les étudiants issus de la filière ES sont très souvent bien plus à l'aise que ceux des autres bacs dans la rédaction de dissertations, dossiers de presse... Or c'est essentiellement sur ce critère que se fait la "sélection" à la fac... Dans mon emploi actuel, l'économie me sert beaucoup, et plus généralement la capacité, que l'on apprend à développer en filière ES, de synthèse, d'écriture et de rédaction rapide, de connaissances de l'actualité. La filière ES demande en effet un suivi régulier et précis de l'actualité, et permet surtout de comprendre, avec l'économie et la sociologie notamment, l'actualité intérieure et internationale. Dans mes études, la rédaction au lycée de multiples dissertations, dans toutes les matières, m'a beaucoup servi, et plus généralement, l'économie m'a apporté une rigueur et un nécessaire sens -au moins minimum- de l'organisation du travail qui m'a été très utile.

En conclusion, j'insiste sur le fait que cette filière a été pour moi un grand enrichissement, elle m'a permis de suivre des cours vivants très intéressants, aux prises avec l'actualité. Aux parents qui "craindraient" l'inscription de leur enfant en ES, je crois qu'il faut vraiment dire toute l'utilité, toute la richesse et tout l'intérêt de cette filière, qui n'est ni une "voie de garage" ni un "pis-aller", mais au contraire une orientation riche et très utile pour les études supérieures, mais aussi pour l'avenir professionnel. J'ai toujours défendu cette filière auprès de ceux qui étaient sceptiques et je continuerai à le faire, elle n'a pas toujours la considération qu'elle mérite pourtant bien !

Frederic Bernon

Baccalauréat ES 2003

Il me semble que des témoignages de jeunes étudiants permettraient aux secondes de voir à plus court terme vers leur vie étudiante avant professionnelle.

En effet, de nombreuses interrogations surgissent lors de l'orientation : les ES sont ils réellement défavorisés en telle ou telle filière ?

Peut-être le problème n'est que seuls des anciens bacheliers ont répondu...

En tout cas je termine actuellement ma première année dans une école de commerce post-bac (ESSCA Angers) dont le concept est susceptible d'intéresser de nombreux jeunes mais qui malheureusement est mal présenté au public puisque soi-disant réservé à un certain milieu social. C'est dans cette voie que se trouve ma démarche : témoigner que le bac ES reste est un atout dans une filière encore réputée au recrutement "par les maths".

Caullet Antoine

Baccalauréat ES en 2004

Admis à Sciences Po Paris en 2005

Admis au master de recherche en sociologie politique à l'IEP Paris en 2007

Entreprises

Parcours "post-bac" et parcours professionnel

Commentaires sur la série "Économique et sociale"

Laurent Amice

Baccalauréat B en 1986 - Actuellement Directeur Adjoint (Direction du Développement et des relations extérieures) - Groupe AFT-IFTIM (1er groupe européen de formation et de conseil dans les transports et la logistique) - Auteur de l'ouvrage " CAP SUR L'EURO " (4ème édition en 2001).

Après avoir passé un baccalauréat B en 1986, obtient un D.U.T. en techniques de commercialisation à l'I.U.T. de Tours. Entre en 1990 à l'Institut d’Études Politiques de paris. Obtient en 1991 un D.E.S.S. en " logistique et organisation commerciale " (Paris-Dauphine) et en 1993 un D.E.A. en " Économie et gestion des transports " (Université de la méditerranéenne).

Entre en 1992 à l'AFT-IFTIM où il occupe actuellement les fonctions de directeur adjoint (direction du développement des relations extérieures) ; ses responsabilités portent sur le développement des activités de formation auprès des entreprises de transport routier de voyageurs et il s'occupe de la définition de la stratégie marketing du groupe. Précédemment, il a été directeur du centre de formation de l'AFT-IFTIM et initialement " consultant-formateur " (formation initiale et continue des " cols blancs ") et chargé des relations " Écoles / Universités ", en charge du lancement et du développement du département Enseignement Supérieur. Enfin, il a été, entre 1997 et 2002, membre du comité de pilotage " Euro " de l'AFT-IFTIM.

Je ne regrette absolument pas l'enseignement que j'ai reçu dans le cadre de la préparation de mon Bac B que j'ai obtenu en juin 1986. Je pense que cet enseignement m'a été particulièrement bénéfique dans la poursuite de mes études ainsi que dans l'apprentissage et la consolidation de méthodes d'analyse et de réflexion.

Bien que le souvenir soit un peu lointain, je pense que la méthode démonstrative sur laquelle s'appuient les sciences économiques et le subtil balancement entre différentes thèses s'opposant sur un même sujet est en soi bénéfique.

Je précise également que je suis né d'une famille au sein de laquelle mon père était ajusteur en mécanique (à la retraite maintenant) chez Farman à Tours et ma mère secrétaire administrative (Groupe Ollivier à Saint-Avertin). La filière B peut peut-être contribuer à faire fonctionner l'ascenseur social, en conséquence !

Christelle Vinet

Baccalauréat B en 1991 - Atuellement " PROJECT DEVELOPMENT MANAGER " chez" EUROPANEL ".

Obtention du Baccalauréat : 1991

Études après BAC : IUT Techniques de Commercialisation ( bac +2).

Parcours professionnel :

1993-94 : Assistante de prof de français en Écosse

1995-99 : Project leader pour la société Europanel - Londres. Entreprise (appartenant à 50% au groupe Taylor Nelson Sofres et à 50% au groupe GfK) spécialisée dans les études de marché basées sur le panel de consommateur. Le principal client était une multinationale américaine pour laquelle nous devions mettre en place un servicing sur 17 pays sur 5 continents.

2000 - 2002 : Directeur de projet chez GfK Allemagne - Nürnberg. Projet interne majeur. Mutation de tous le système de production . Mon rôle était de visualiser, planifier les processus, les mettre en place, coordonner le travail des 220 employés de l'entreprise par rapport à ce projet, d'être le lien interne entre Production et Commerciaux, Liaison avec tous les clients pour les rassurer sur le développement du projet et son aboutissement.

Depuis Janvier 2003 : Project Development Manager chez Europanel (mes premières amours !) pour deux clients principaux. Mettre en place et Coordonner du servicing Européen pour eux.

Impression de la filiale B/ES et regret : Impression très bonne car la filière permet d'avoir une connaissance globale dans plusieurs domaines. De mon temps (peut être cela a-t-il changé, je l'ignore), les coefficients au bac B étaient très proches et il fallait avoir un niveau acceptable dans chaque matière pour avoir son bac. Je pense qu'il est intéressant pour une entreprise d'avoir quelqu'un qui possède des connaissances sur plusieurs domaines car sa logique, sa façon de travailler ne sera pas restreinte.

Et je n'ai absolument aucun regret quant à la filière que j'ai suivie et la formation que j'ai reçue !

Antoine Weill

Baccalauréat ES en 1998

Actuellement diplômé (Juin 2002) et en stage dans un cabinet de conseil à Francfort, je suis sur le point de signer un CDI soit chez Daimler-Chrysler France, soit chez BMW France.

J'ai passé un bac ES option mathématiques en 1998 après trois années au lycée Notre-Dame-La-Riche de Tours. J'ai ensuite intégré le CESEM Reims, qui est une école de commerce donnant un double diplôme. Ayant choisi le cycle franco-allemand, j'ai passé 2 ans près de Stuttgart.

Je garde un souvenir mitigé de cette filière ES. J'étais un des seuls dans ma classe ES à avoir choisi cette filière parce que le commerce et l'économie m'intéressaient. La majorité des élèves n'y entre que parce qu'elle permet de se caser dans une filière accessible et peu dévaluée. Mais elle serait vraiment une alternative à la filière S si le programme enseigné était moins théorique, s'il se rapprochait plus du monde de l'entreprise. Passer un trimestre à étudier Karl Marx ou Max Weber donne certes de solides bases, mais quel est lien entre ces théoriciens et la vie réelle ? Quel bagage technique peut on réellement faire valoir au sortir de cette formation par rapport à un S, qui lui a acquis une plus grande capacité de travail ? A l'heure actuelle, un étudiant voulant faire du commerce (ce qui est quand même la raison d'être de la ES), a beaucoup plus de chances s'il intègre une S. Seuls quelques étudiants plus motivés que le moyenne s'en sortent en ES. C'est à la fois dommage et quelque peu injuste.

Julie Paluel-Marmont

Baccalauréat B en 1994

J'ai obtenu mon bac B en 1994, c'était je crois la dernière année avant que cela ne devienne "ES". J'ai poursuivi mes études en fac d'Histoire, jusqu'en maîtrise, que j'ai obtenue en 1999.

Puis en 2000 -2001 j'ai repris les études pour faire un DUT Information - Communication, option Documentation d'entreprise en Année Spéciale à l'IUT de Tours.

De mai 2002 à février 2003, j'ai travaillé en tant qu'assistante technique dans un service d'une SSII concevant des logiciels bancaires et de gestion.

L'impression générale que j'en ai, 10 ans après (et oui, déjà...), est que c'est une filière très formatrice, contribuant à développer une bonne culture générale, un esprit d'analyse, à avoir une certaine ouverture d'esprit et du recul sur pas mal de choses... C'est une très bonne "base" pour les études supérieures ainsi que pour la culture personnelle. C'est aussi une filière exigeante, pas forcément facile. Elle demande beaucoup de travail. Je me souviens qu'il y avait toujours une dissertation à rendre, que ce soit en économie, en philo ou en histoire.... en plus de celles faites en classe... Mais cela était finalement un bon entraînement, on finit par maîtriser les mécanismes de la dissertation, ce qui est indispensable pour la suite. Une autre difficulté était qu'il fallait être bon en tout, dans la mesure où les coefficients pour le bac étaient homogènes. Je ne sais pas si c'est toujours le cas. Et il est difficile d'avoir des notes très hautes en sciences humaines, contrairement aux matières scientifiques....

Vous dites qu'on entend souvent que la filière ES est celle de " ceux qui ne peuvent faire ni S ni L "... Cela laisse songeur... En effet, si des élèves ne sont réellement pas capables de faire L ou S, je ne vois pas comment ils seraient d'avantage capables de faire ES.... C'est une filière à part entière, pas une voie de délestage... Je pense que c'est la filière idéale pour qui se destine aux sciences humaines, pour ceux

qui sont curieux et intéressés par le monde contemporain, l'actualité... Personnellement, tout ce que j'ai appris en cours d'économie m'a pas mal resservi par la suite. En fac tout d'abord, dans les divers modules d'histoire contemporaine : je me souviens par exemple avoir suivi un module sur les Trente Glorieuses, et la tâche m'avais grandement été facilité par ce que j'avais vu au lycée.... Puis à l'IUT également, où il y avait un cours d'économie assez basique. Autant dire que je n'y ai rien appris de bien neuf, alors que des personnes qui avaient un autre parcours semblaient un peu perdues.... Concernant l'enseignement des sciences économiques au lycée, je garde plutôt des bons souvenirs. Je crois d'ailleurs pouvoir dire que si j'ai eu envie de faire B à l'époque c'est parce que j'avais particulièrement apprécié les cours d'économie en seconde !

Les cours étaient assez vivants et variés, on ne s'y ennuyait pas. Mais je me souviens très bien qu'en fin de Terminale, j'ai commencé à avoir une certaine lassitude de la matière en elle-même, qui devenait un peu trop "pointue", parfois trop "mathématique"... Je crois que 3 ans d'économie c'était suffisant pour moi...

En conclusion je ne regrette absolument pas de m'être engagée dans cette voie, qui s'est révélée fort intéressante et enrichissante.

Nicolas Guignon

Baccalauréat ES en 1995 Responsable de service dans une société de recouvrement

Jeune diplôme et fier d'avoir obtenu mon baccalauréat en 1995, je me suis inscrit à l'université François Rabelais en Histoire. J'ai donc obtenu mon Deug en trois ans, j'ai en effet redoublé ma deuxième année. J'ai ensuite enchaîné avec une Licence et ne sachant que faire à la fin de cette année, je me suis lancé à corps perdu dans une longue et fastidieuse maîtrise. Après avoir demandé un délai parce que j'exerçais une activité professionnelle, je ne suis pas allé jusqu'à la soutenance, des décisions d'ordre privé m'ont forcé à faire des choix et j'ai donc arrêté mes études en janvier 2001. Depuis le début des mes études, j'ai toujours travaillé en parallèle dans une société de recouvrement de créance, je travaillais le soir de 18h à 20h à faire du classement et du recouvrement téléphonique. J'ai augmenté mon nombre d'heures travaillées durant ma première année de maîtrise et je suis passé à temps plein en janvier 2001. J'avais donc un emploi de secrétaire. Depuis un an maintenant je suis responsable d'un service de 12 personnes et je gère le recouvrement d'un client prestataire de téléphonie fixe et mobile.Voilà en quelques lignes à quoi se résume mon parcours professionnel.

Si je regarde quelques années en arrière, la filière économique et sociale m'a été très utile. C'était à l'époque la seule filière à dispenser un nombre d'heures important en Histoire et Géographie. L'atout majeur de cette filière est la prise directe existant avec l'actualité, tous les sujets abordés sont actuels et touchent chacun d'entre nous. Il y a un renouvellement permanent des cours et de l'enseignement. Tous les ans, il faut réactualiser votre enseignement, rien n'est figé. Les cours d'économie m'ont parfois paru abstrait, les thèmes abordés compliqués. Mais j'ai rapidement compris que pour suivre mon cursus d'Histoire, il me fallait ces bases. J'ai eu la chance de faire de la Sociologie en option ; une fois encore, les bases que j'ai pu acquérir au lycée étaient très importantes. Aujourd'hui, au quotidien, je dois utiliser mes acquis. Les notions de chiffre d'affaire, de bilan, de taux d'inflation, etc. sont essentielles pour moi. Étant, en plus, délégué du personnel et secrétaire du comité d'entreprise, je dois prendre une part active à toutes les décisions de la société dans laquelle je travaille. Nous serons tous amenés à exercer une activité professionnelle un jour où l'autre. L'intérêt premier est de savoir à quoi nous sommes confrontés, savoir lire les bilans de l'entreprise, comprendre les différentes taxations.

Je garde un très bon souvenir de ces années, j'ai appris à avoir un sens critique, à être le plus objectif possible et comprendre l'actualité, la presse et les médias. Aujourd'hui il n'y a pas une émission, un article de presse qui ne fait pas référence à l'économie ou à des faits de société. Cette filière est une porte ouverte sur notre société, surtout si l'on ne veut pas être passif

Sébastien Vautier

Baccalauréat B/ES en 1993.

Account manager - Auto Chassis International North American Operations Inc. Detroit USA

Après avoir réussi le baccalauréat B (ES) en 1993, je me suis dirigé vers des études universitaires : après l’obtention de mon DUT (techniques de commercialisation) à Tours, je suis allé étudier en Angleterre (Coventry University) où j’ai obtenu un « Bachelor of science in Engineering » (1997). J’ai poursuivi par une Licence et Maîtrise de Marketing-Ventes au sein de l’IAE (Institut d’Administration des Entreprises) de Lille (2000), mon mémoire de maîtrise portant sur « les variables culturelles dans a négociation internationale » et , enfin, un DESS « Affaites Internationales et Négociation Interculturelle » à l’université de Paris X en 2001.

Mes études m’ont permis d’avoir différentes expériences à l’international, comme un stage de 4 mois en 2000 chez Seur Espana S.A. – (Espagne), filiale n°1 du transport express de marchandises en Espagne. J’y étais chargé de la conception, préparation et mise en œuvre d’une offensive stratégique et commerciale de « Seur Internacional » en Europe en vue d’accroître la clientèle Entreprise du groupe. En 2001, mon DESSm’a permis de faire 5 mois de contrat d’alternance en tant que « développeur d’affaire » chez HOLISTIQUE Communication – (France) (Étude de prospection, recherche de partenariats et définition de facteurs clés de succès en vue de l’introduction de la société HOLISTIQUE sur le marché Nord-américain dans le domaine de la reconnaissance vocale). En 2002, je deviens assistant chef de produit haut de gamme à la direction Marketing de Renault Espana Comercial _ S.A.- (Madrid, Espagne), chargé de la création et diffusion de la plate-forme marketing de lancement du Renault Vel Satis, de l’analyse du marché automobile espagnol (concurrence, pris, volume, service, image), ainsi que de la synthèse des résultats de Renault Espagne pour informer le Siège Social français. Depuis Juin 2002, je suis responsable de compte à l direction commerciale & Marketing de Auto-Chassis International (filiale Renault- NISSAN) – (Detroit, USA).

J’ai personnellement choisi cette filière parce qu’elle me semblait la plus « équilibrée ». N’ayant à l’époque aucun projet professionnel, je n’avais pas encore fait de réel choix pour mon orientation. L’économie me semblait intéressante, j’allais pouvoir confronter à la « réalité » ce que j’apprenais en cours. Inconsciemment, je cherchais déjà du pratique, du concret.

Je n’ai jamais regretté mon choix et je garde un excellent souvenir de ces cours. Concernant l’économie, je me souviens n particulier de cours assez interactifs avec des liens fréquents avec la réalité. Je pense que les étudiants issus de cette filière ont d’une manière générale l’esprit ouvert et savent se montrer pragmatiques.

Je pense également que les critiques et remises en cause de cette filière constituent un faux débat qui cache une autre réalité : la difficulté de s’orienter quand on a 15/16 ans. Entre la pression des parents, la mentalité « à la française » qui forme ses élites sur des profils « scientifiques » (à la base du moins) et le manque de connaissance sur les débouchés de chaque filière, le choix est difficile.

Je crois au bon sens, et les arguments du « ni S, ni L » ne tiennent pas debout (même s’il faut admettre que c’est parfois le cas) quand on voit le nombre d’étudiants en difficulté et mal à, l’aise dans les filières scientifiques.

Yves Rousteau

Baccalauréat B en 1978

Directeur des achatsà la COMPAGNIE GENERALE DE GEOPHYSIQUE

Après mon Bac B obtenu en 1978, j'ai entamé à Nantes un Deug de Sciences Économiques, puis une Licence et Maîtrise de cette même discipline à Rennes, option Gestion d'Entreprise.

Lors de ma licence, j'ai réalisé un mémoire en Économie Industrielle, sous la tutelle du Professeur MORVAN sur les problèmes industriels de l'aviation légère (ma passion). L'année suivante (lors de ma maîtrise), le Sénateur Parmentier fut nommé par le premier ministre Pierre Mauroy pour faire un rapport sur les possibilités de relance de l'aviation légère en France. Ayant pris connaissance de mon mémoire, il me demanda de travailler avec lui. Ceci m'a permis de me faire un nom dans ce milieu et Pierre Robin, patron du leader européen des avions de tourisme du même nom, me proposa de venir chez lui pour m'occuper de la commercialisation de ses avions. Mais à la fin de mon service militaire et de mes études, il me demanda encore six mois avant de m'embaucher. Or, une opportunité de reprise d'entreprise se présenta à Redon, alors capitale du chômage en France; j'ai saisi l'opportunité. J'ai donc commencé ma carrière en créant à Redon une carrosserie industrielle que j'ai développée pendant 6 années.

Par la suite j’ai été successivement directeur des achats et responsable commercial chez VALEO (équipement Automobile), puis directeur d'une Business UNit avant de devenir Directeur des Achats de la Compagnie Générale de Géophysique, poste que j’occupe actuellement.

Je trouve surprenant que l'on puisse encore se poser des questions sur une filière, qui certes n'est peut-être pas la "voie royale", pour reprendre l'expression que j'entendais à l'époque au Lycée, mais qui permet à des milliers d'élèves de poursuivre leurs études de façon tout a fait honorable : j'ai eu, par exemple, des stagiaires de grandes écoles sortant de cette filière et je suis maintenant dans un milieu de « X-mines » sans que je me sente « inférieur » en quoi que ce soit.

Cela me donne l'occasion d'aborder un point qui me semble fondamental :

- En France, comme au Japon, l'évolution professionnelle a été longtemps déterminée par les études initiales. Mais ceci n'est plus qu'une vieille histoire : je ne compte plus les titulaire de diplômes prestigieux que j'ai pu "dépasser" dans mon évolution professionnelle, et je ne suis pas un cas unique.

- Au professeur je dis:" vous faites un très beau métier et la preuve, c'est que nous nous souvenons tous de vous, de ce que vous nous avez apporté, des dizaines d'années après." Mais ce n'est pas la moyenne, le rang ou le brillant de ces quelques années que nous avons passées à apprendre qui vont déterminer les 40 ans de vie professionnelles et c’est tant mieux !

Mon expérience m'a montré que pour progresser il faut se sentir à l'aise ; autant commencer dès le début. Apprendre est un plaisir, et c'est ce qu’ont réussi à m'inculquer mes chers professeurs, mais ce plaisir est aussi sans doute venu du fait que j'étais en B et que j’aimais l'histoire, la géographie et l'économie. Si j'avais dû (comme c'était parti sous l’influence parentale) subir "la voie royale" je pense que la suite de ma trajectoire aurait été différente.

Que celui qui aime les maths aille en S, et c'est très bien, mais de grâce, ne forçons pas les autres.

J’aimerais également rajouter que mes deux premiers enfants ont suivi la filière ES, qui ouvre bien sur la vie, à travers en particulier l'enseignement de l'économie, de la sociologie, le poids important de l'histoire et de la géographie et puis aussi grâce à l'équilibre entre les matières... une tête bien faite.

La filière suivie au lycée ne constitue donc pas tout, loin de là et les facteurs clés de succès d'une carrière sont de mon point de vue :

- Certes de démarrer avec le meilleur diplôme ce qui permet d'avoir accès à des postes souvent plus évolutifs mais aussi :

- De savoir travailler en équipe (chose à laquelle l'enseignement secondaire ne sait pas bien préparer) et là l'humilité, qui peut naître d'une position scolaire moins prestigieuse, peut paradoxalement plus aider à la réussite que l’excellence du "fort en thème" bombant le torse face à ses collègues, et se rendant par là même imbuvable (c'est bien sûr un cliché).

- De savoir apprendre en permanence, voire de se remettre aux chères études après dix ans d'expérience professionnelle (ce que j'ai fait). Là encore le risque du brillant diplômé peut-être (et c'est courant) de se dire après sa formation initiale que, finalement, le plus dur est fait et qu'il est maintenant bon de se laisser vivre.

Un professeur de Maths haut en couleur, nous disait alors que nous postulions tous pour rentrer en Seconde C (la filière scientifique de l’époque) : " mais enfin, vous ne mettrez pas SECONDE C sur votre carte de visite !"

Leila Veillon

Baccalauréat ES en 1996

Responsable des Études Marketing dans la société Lorenz-Bahlsen

Après avoir suivi des cours de SES en classe de seconde, j’ai choisi (et j’insiste bien sur le fait que c’était un choix tout à fait personnel) de continuer mon parcours lycéen dans la voie ES. J’ai décidé sciemment, de ne pas suivre la voie Scientifique ou encore Littéraire, malgré de bons résultats scolaires dans ces matières. J’avais en effet énormément appris des premiers cours d’économie et sociologie de seconde, et ne voulais pas abandonner cette matière, qui permettait une ouverture sur le monde,sur d’autres cultures, façons de vivre, que d’autres disciplines n’offraient pas. De plus, je n’avais pas encore décidé de ce que je « voudrais faire plus tard » et pensais, à raison, que cette voie ES me permettrait d’avoir un parcours généraliste, de n’abandonner aucune matière essentielle, ni les lettres, ni la philosophie, ni les langues, ni les mathématiques, car toutes ces matières, on les travaille en profondeur en classe ES, ce qui permet de rester performant dans des domaines variés.

Suite à mon Bac ES, j’ai choisi de poursuivre par une classe préparatoire aux grandes écoles de commerce (section ES encore une fois, et pas scientifique). Après deux années riches d’enseignements, dans toutes les disciplines mentionnées plus haut (avec en sus, des cours de macroéconomie et microéconomie), j’ai été reçue avec succès à l’ESSEC (1ere école de commerce française d’après le magasine le Point – 2004).

J’occupe actuellement le poste de Responsable des Études Marketing dans la société Lorenz-Bahlsen. Je me dis aujourd’hui, que si je n’avais pas suivi cette formation économique et sociale, si je n’avais pas décidé d’opter pour la voie ES, je me serais fermé beaucoup de portes, j’aurais peut être perdu beaucoup dans ma connaissance des langues étrangères, de la sociologie, des mathématiques… A l’heure actuelle, je fais un métier qui concilie toutes ces matières, un métier riche, parce qu’il puise dans tous ces domaines… cela grâce à ma formation ES.

Finances

Parcours "post-bac" et parcours professionnel

Commentaires sur la série "Économique et sociale"

Florence Picon

Baccalauréat B en 1988

Dirige actuellement le SERVICING de la filiale MULTI-GESTION ALTERNATIVE DU CREDIT AGRICOLE.

Après son baccalauréat B, elle entre en classe préparatoire HEC (voie " économie ") et entre à " Sup de Co Paris ". Elle part ensuite travailler à Chicago en tant que broker sur les contrats à terme dans une salle des marchés et s'intéresse aux Hedge Funds. Elle revient en France courant 2000 pour se concentrer sur les marchés spéculatifs européens.

Mon passage en filière B au lycée Descartes

Je pense être un cas typique : je voulais aller en 1ère S mais j'ai finalement été orientée par le conseil de classe de fin d'année de 2nde vers B à cause de mon niveau nul en physique.

Comment j'ai vécu la filière B au Lycée Descartes : un mal pour un bien ?

Peut-être parce que mon orientation m'avait quelque peu été imposée, je me souviens avoir passé des moments assez difficiles en début de 1ère. Je me sentais stigmatisée par l'étiquette " Bac B ". Et puis, certainement parce que les cours étaient intéressants et les matières variées, je me suis rapidement réconciliée avec mon orientation et ai décidé d'en tirer le meilleur.

La Terminale s'est passée très rapidement : je ne me souviens pas m'être ennuyée en cours, qualité qui semble être suffisamment importante pour que le ministère de l'Éducation Nationale s'en soucie, si j'en crois leurs dernières études ! J'ai décidé de faire une prépa HEC parce que je ne savais pas trop vers quoi m'orienter après le bac et que cela m'évitait de choisir ! N'oublions pas que la filière B est la plus généraliste !

La filière B : une bonne stratégie pour mes études supérieures

Je crois sincèrement que la prépa HEC voie économique est plus facile que la voie générale, accessible aux Bacheliers C. Pour les petites écoles, il y a des quotas pour cette voie et pour les grandes écoles, même s'il n'y a pas de quotas, le concours en maths est plus facile. Comme près de la moitié de la note globale vient des maths, le calcul est vite fait ! Le niveau requis est tellement plus élevé que pour le bac, qu'avoir fait A, B, C ou D ne change que marginalement les choses. Je n'ai peut-être pas fait beaucoup en maths au lycée, mais cela n'a eu aucune incidence sur mon niveau de maths ultérieur.

En tous cas, j'ai intégré l'ESCP avec de très bonnes notes en maths et je suis persuadée que j'aurais eu plus de difficultés en prépa générale. J'ai même poussé le vice jusqu'à me spécialiser en option finance à l'École, alors que c'est une option quantitative que choisissent en général les ingénieurs diplômés qui rentrent directement à l'ESCP en 2ème année !

Mon choix professionnel : aiguillé par mes études secondaires en B ?

Bien comprendre les mécanismes de marché est essentiel dans mon métier. Bien comprendre par exemple l'incidence d'une baisse des taux directeurs de la BCE sur la masse monétaire, l'inflation, la consommation, l'EURO par rapport au USD, etc. permet d'anticiper rapidement les réactions des marchés financiers. J'ai eu le temps de comprendre et d'assimiler tous ces mécanismes au lycée, ce qui me donne un avantage certain aujourd'hui. C'est un peu comme le violon : pour bien en jouer, il faut commencer jeune. Pour moi, les marchés financiers me semblent aussi naturels que pour d'autres une partition de musique.

Globalement, je suis très satisfaite de mon orientation. J'ai eu des moments de doute mais j'ai apprécié les matières enseignées. La filière B est une bonne introduction aux études supérieures, parce qu'elle dispense une culture générale de base et donne ainsi la possibilité aux élèves de choisir plus facilement leur voie. Pour ceux comme moi qui n'arrivent pas à se décider, elle n'empêche pas de continuer des études généralistes et peut même se révéler une très bonne stratégie !

Arnaud Scarpaci

Baccalauréat ES en 1998

J'ai obtenu mon bac ES en juin 1998. Ensuite, j'ai fait une première année de Deug de Gestion à Paris 1 (mention assez bien) ; puis ma 2ème année de Deug GEA (gestion économie appliquée) à Dauphine.

En juin 2002, j'ai obtenu ma maîtrise de sciences de gestion à dauphine (option finance avec mention assez bien).

Depuis, j'ai fait un stage à CA AIPG (Crédit Agricole) au " client -servicing "; je serai en stage à Londres à partir de Mars 2003 chez Exane en tant qu'analyste financier actions.

Enfin, l'année prochaine, je souhaite intégrer un troisième cycle en finance de marché.

Voici les impressions que j'ai gardées de la filière économique et sociale.

J'ai choisi cette filière au départ par rejet des sciences physiques et biologiques (mes notes n'étaient pas excellentes en seconde...). L'option économique et sociale en seconde m'a cependant beaucoup intéressé en raison de la polyvalence qu'elle pouvait m'apporter : elle m'a permis d'apprécier les mathématiques (ce qui n'était pas le cas jusque-là car les raisonnements étaient trop abstraits et je ne voyais pas leur intérêt : je suis passé de 6 de moyenne en seconde à 19 au bac), de développer chez moi une culture économique et sociale (à travers l'élaboration de fiches de lecture, de travail en groupe notamment en sociologie), de m'intéresser de plus près à l'actualité économique en m'intéressant aux différents mécanismes (les analyses des économistes sur des problèmes actuels tels que l'inflation, le chômage etc... ; les analyses des sociologues sur des problèmes tels que la déviance, les facteurs d'intégration de l'individu dans la société). Enfin, cette filière m'a surtout permis de développer mes capacités rédactionnelles et analytiques : par rapport aux élèves de terminale S, ceux de la filière ES ont moins de difficulté en terminale pour rédiger les dissertations (en tout cas cette filière m'a bien aidé pour la philosophie car elle m'a rendu plus curieux et plus rigoureux). J'ai aussi apprécié cette filière car elle offre des débouchés peut être plus importants que ceux de la terminale S (elle permet d'arriver en université avec une culture économique, et de se spécialiser plus facilement ensuite du fait de notre polyvalence dans divers domaines de la gestion: marketing, contrôle de gestion, ressources humaines, finance, informatique etc...).

Yalda Toutounchi

Baccalauréat ES en 1996 - Étudiante.

En ce qui me concerne, j'avoue être très satisfaite par l'enseignement de la filière ES.

J'ai donc eu mon bac en 1996 avec mention bien, ai effectué ma Prepa HEC au Lycée Carnot à Paris (17ème) avant d'intégrer l'EDHEC à Lille. Cette année -2002/2003-, je poursuis un Master en Accounting and Finance a la London School of Economics (LSE) et ai signé un contrat d'embauche chez Deutsche Bank en tant que Trader sur Capital Markets à Londres pour Septembre 2003.

Aux parents hésitants quant à cette filière, je leur dirais simplement de laisser leur enfant suivre la voie qui lui convient le mieux. Je pense que mon parcours prouve bien qu'avoir un bac ES n'est pas un obstacle, bien au contraire. Si j'avais fait S ou L, je n'aurais certainement pas eu des résultats me permettant d'intégrer une telle prépa [Carnot, Paris 17ème] ou de telles écoles [La LSE possède un des cinq meilleurs départements de Finance au monde].

D'ailleurs, je pense que seule la France est réticente quant à cette filière. En Grande Bretagne, aux États-Unis et dans le reste du monde en général les études en Économie sont très prisées et ont une excellente réputation.

Pour revenir à mon parcours, je pense que le fait d'avoir eu un bac ES m'a aidée à être prise a la LSE, plus que si j'avais un bac scientifique. De même, lors de mes entretiens dans les banques d'affaires de la City, j'ai pu prouver la cohérence de mon parcours dans la mesure ou l'économie a commencé à me passionner à partir de la classe de seconde.

En ce qui concerne l'enseignement en classe ES, je le trouve nettement plus adapté aux gens voulant faire une école de commerce que l'enseignement de classe S. En effet, en prépa HEC et en école on retrouve exactement les mêmes matières que celles enseignées en 1ère et en terminale ES : mathématiques, économie, histoire, philosophie et langues. Puis en école de commerce viennent s'ajouter des cours de macroéconomie et de microéconomie. La plupart de mes amis ayant suivi un enseignement purement scientifique avant le bac ont eu du mal à exceller dans ces matières.

Enfin, le meilleur souvenir que je garde de l'enseignement ES est le fait qu'il m'a aidée a partir de l'âge de 15 ans a mieux comprendre l'actualité économique, politique et sociale de la France et du reste du monde (la croissance, l'économie, le budget de l'État, les crises, le chômage, l'inflation, etc.). C'est donc aussi une filière extrêmement bien adaptée a ceux voulant intégrer un IEP.

Cynthia Gion

Baccalauréat ES en 1995

J'ai obtenu mon bac en 1995 (mention bien), j'ai ensuite fait un DEUG de Sciences Économiques à Tours (mention bien) puis je suis partie à l'Université de Paris 1 pour faire une formation en trois ans appelée Magistère d'Economie. Il s'agit en fait d'un double cursus : en effet la première année et la deuxième année s'effectuent de pair avec une licence d'économétrie et une maîtrise d'économétrie. On garde ainsi des matières d'économie générale (Économie industrielle, histoire de la pensée, relations internationales…) à côté d'une spécialisation en méthodes quantitatives et en économétrie. La troisième année de Magistère s'effectue quant à elle en parallèle avec un troisième cycle choisi parmi ceux de l'Ecole Doctorale de l'Université de Paris 1. J'ai choisi le "DEA Monnaie Banque Finance". Mes études se sont ma fois "bien" terminées (en septembre 2000) puisque j'ai eu la mention bien au DEA et au Magistère. J'aime bien me vanter ! Professionnellement, j'ai eu, en 1998-1999, l'opportunité de faire un stage au sein du magazine " Entreprendre " (interviews et rédaction d'articles économiques). Puis, après mon DEA, j'ai envisagé de faire une thèse académique surtout qu'étant donné le peu de candidats à la bourse (à cause de l'euphorie sur le marché du travail à l'époque), j'aurais très certainement eu un financement universitaire. Mais je venais de finir mon mémoire de DEA au sein de la Banque de France et je ne me voyais pas enchaîner pour trois ans sur un sujet théorique. J'avais envie d'appliquer mes connaissances en économétrie. En octobre 2000, j'ai donc commencé en CDI à travailler au sein du Groupe Malakoff (Institut de Prévoyance). J'étais Chargée d'Etudes Statistiques au sein du Département Marketing. Le but de ma mission était de faciliter la démarche commerciale. Après quelques analyses statistiques sur la base de données, je devais leur fournir des clients à démarcher ayant une plus grande probabilité d'adhérer à tel produit (et cela pour toute la gamme de produits assurance individuelle de personnes). Mais j'ai été petit à petit déçue par la routine des tâches et par l'orientation véritablement commerciale de mon poste, ce qui ne collait ni avec ma formation ni avec mes objectifs professionnels. L'envie de faire une thèse m'a alors reprise et je m'orientais vers une thèse en entreprise avec une bourse CIFRE. Un ancien prof recherchait justement quelqu'un pour mener des recherches sur les Hedge Funds. Il était aussi consultant dans une société de gestion. J'ai donc démissionné en mai 2001 pour commencer ma thèse sur ces véhicules d'investissement spéculatifs et j'ai d'ailleurs obtenu une bourse CIFRE (du Ministère) en septembre 2001. Malheureusement, comme cela arrive très souvent (et on m'avait pourtant prévenue), lors d'une thèse en entreprise (ici une banque) il est parfois difficile de ne pas se laisser détourner de sa thèse au profit de tâches quotidiennes plus "productives". J'ai donc cherché à faire ma thèse dans un environnement plus approprié que cette société de gestion, mais j'ai dû renoncer à ma bourse car après septembre 2001 (et les attentats) il m'a été très difficile de "revendre" ma thèse. Les sociétés de gestions et autres banques ne voulaient pas créer de poste quand bien même je possédais une bourse. Bref ! Après cette année 2001 très éprouvante je décidais de me mettre au vert durant l'année 2002 et pourquoi pas améliorer mon anglais ! Je suis donc partie en février 2002 au Royaume Uni où j'ai fait différentes choses complètement déconnectées des statistiques et de la finance. C'était une très bonne expérience (culturelle, linguistique, humaine). Me revoilà donc sur le marché du travail ! Pendant trois mois, mon quotidien ce fut les lettres de motivation, CV et entretiens. Leçon : réfléchir à deux fois avant de démissionner ! Aujourd’hui, je travaille chez un éditeur de logiciels financiers à Rueil-Malmaison.

Parlons un peu de la terminale ES et de l'économie au lycée maintenant. Quand j'étais en troisième, j'avais demandé à ma prof de mathématiques "Qu'est ce que c'est l'Économie ?" Car on devait choisir nos options. Je ne me rappelle pas exactement ce qu'elle m'a répondu mais je me souviens que je n'étais pas beaucoup plus avancée après avoir entendu la réponse. J'allais donc en seconde avec cette donnée inconnue. Cette année de seconde fut une année de transition et j'avais d'ailleurs quelques difficultés. L'économie pour moi n'était qu'une matière aux contours un peu flous dans laquelle peut être on mettait tout ce qu'on ne pouvait pas mettre dans les autres matières. Intéressant mais sans plus. Le premier reproche que je ferais à l'enseignement de l'économie en seconde c'est le manque d'interactivité. Je me souviens avoir appris des définitions bêtement. Je comprenais en gros le sens des concepts mais je ne leur voyais pas d'intérêt pratique. Résultat : pas des notes extraordinaires mais pas exécrables non plus. Un rapport "neutre" en quelque sorte avec cette matière, ni penchant particulier ni rejet total. Par ailleurs, avec l'aide de cours de mathématiques particuliers, je suis arrivée à tirer mon épingle du jeu dans cette matière scientifique. En revanche, physique et chimie me laissaient complètement indifférente. Mon prof de physique (ancien joueur de rugby avec un fort accent du sud) avait beau être un des profs que j'aimais le plus à cause de sa bonhomie, il ne m'a pas transmis sa passion pour les sciences. J'avais d'ailleurs des notes plus que médiocres. Mes notes en langues étaient moyennes et Monsieur M., mon prof de français, m'impressionnait beaucoup (des nœuds dans le ventre avant d'entrer en cours). Je n'avais pas confiance en moi dans cette matière. Que suis je donc ? Qui suis je donc ? Ni une littéraire (quoique ? 13 à l'écrit et 15 à l'oral au bac de français) ? Ni une scientifique (Ah ! Ca non !) ? Ce n'est donc pas par passion véritable pour l'économie que je me suis dirigée vers une première ES. C'était néanmoins le moyen pour moi de me concentrer sur les matières dans lesquelles je me sentais le plus à l'aise. Est on réellement à même de décider du sens de ses études en seconde ? A 16 ans est on assez mûr(e) pour savoir ce dont on a véritablement envie ? Pour certains oui mais pour d'autres c'est moins évident. D'autant plus que le choix fait en seconde est tout de même très déterminant pour la suite des événements. Pour ma part, je doute qu'il soit judicieux de donner autant de responsabilités à un âge aussi charnière sur beaucoup de plans.L'économie en première ? Même reproche qu'en seconde. Monsieur C. mettait toute fois plus de vie dans ses cours et si je ne retenais qu'un mot (savant pour moi à l'époque) ce serait le mot "empirique" particulièrement affectionné par ce prof. On s'amusait à compter le nombre de fois où Monsieur C. le prononçait dans son cours. Dans l'ensemble, j'ai donc mieux apprécié les enjeux de cette matière. Etait-ce parce que je voyais le bac se profiler à l'horizon l'année d'après ? Parce que j'avais un an de plus ? Parce le programme s'étoffait ? Un mélange de tout ça peut être mais, en ce qui me concerne, je n'ai pas eu de réelle vocation en première ES non plus. En terminale, ce fut cependant comme une révélation. Cette année là, j'ai véritablement eu la confirmation d'avoir fait le bon choix. Je ne veux pas jeter trop de fleurs à mon prof de terminale mais il a trouvé le moyen de me rendre active et non plus passive à cette matière. Des références à l'actualité, des dissertations intéressantes, une méthodologie (des fiches…) et des petits contrôles surprises me maintenaient en alerte dans cette matière. La perspective de la sanction finale, le bac, fut certainement aussi un élément motivant. Toute ma classe a d'ailleurs eu l'heureuse surprise d'un air de déjà vu durant l'épreuve d'économie. On avait en effet traité les deux sujets sous des angles quasi identiques. Résultat : 15 au bac.Et que se passe t'il après un bac ES ? Pour ma part, je me suis orientée vers un DEUG de Sciences Economiques à Tours (alors qu'en première je pensais faire fac d'allemand). J'ai constaté que les deux tiers de l'Amphi provenaient de bacs scientifiques. Que faisaient-ils là ? Certains même n'avaient pas fait d'économie en terminale ! D'où venait leur motivation et leur passion à eux ? Un brin de frustration dans l'air… La suprématie des mathématiques qui ouvrent les portes est bien connue et s'est avérée juste en DEUG de Sciences Economiques. Provenant d'un bac ES, j'ai eu vraiment du mal en première année dans cette matière mais également dans la matière du célèbre Monsieur P., le prof d'Analyse Micro-économique. Même si c'était très intéressant (théorie du consommateur, du producteur, de la concurrence), ses cours étaient vraiment lourds à digérer car ils s'appuyaient sur des notions de mathématiques que je n'avais jamais approfondies en terminale (malgré mon option math). En Economie Générale, avec Monsieur V., je me sentais nettement plus à l'aise car il s'agissait d'un approfondissement des notions de terminale ES (eh oui, il fallait bien mettre les scientifiques à la page!). Là les méthodes de travail et la pratique de la dissertation acquises en terminale ES ont été bénéfiques. J'ai fini par passer en deuxième année avec une moyenne de 12. De nombreux titulaires de bacs scientifiques ont refait une première année alors que je retrouvais quelques bac ES en deuxième année. Etre doué en math ne suffisait pas et je pense que même si la Terminale ES n'est pas la meilleure voie pour être à l'aise en math en DEUG de Sciences Economiques, elle permet tout de même de développer certains atouts et une culture économique non négligeable.

Juliette Girard

Baccalauréat B en 1992

Service juridique de la BNP à Cologne

Après le bac, obtenu en 1992, j'ai entamé des études de droit, que j'ai poursuivies jusqu'à un DESS de droit européen.

Dans le cadre de mes études, j'ai profité du programme ERASMUS pour partir un an en Norvège, à Oslo et y suivre des cours de droit, en anglais bien sûr... On ne peut que conseiller aux étudiants de partir, le bilan d'un tel séjour n'est que positif. (Le choix de la Norvège s'explique par un manque d'affinité avec la langue allemande, du moins à cette époque, et par l'envie d'éviter l'Angleterre, destination massive des étudiants !). La spécialisation en droit européen à la fin de mes études résulte d'ailleurs à cet engouement que j'ai eu soudainement pour l'étranger...

Tout en lançant des candidatures pour décrocher un emploi, à la fin du DESS, je suis tombée par hasard sur Internet sur les offres de bourses du DAAD (université allemande) pour suivre des cours intensifs de langue pendant 2 mois dans un institut Goethe en Allemagne. Conditions requises: avoir plus ou moins un projet professionnel nécessitant un perfectionnement de son niveau d'allemand, et l'appui d'un prof de fac. Chose lue, chose faite, j'ai suivi des cours à Düsseldorf. De là j'ai cherché un stage, trouvé rapidement à Francfort dans un cabinet de recrutement, puis dans un Euro-Info-Centre (cellule d'information sur la réglementation européenne auprès des PME-PMI).

Puis j'ai fini par décroché un poste au service juridique de la BNP à Cologne, où je travaille depuis 2 ans.

Je suis ravie de cette expérience, quoique un peu déçue de ne jamais travailler en français ni avoir de contacts avec la France, les clients n'étant qu'à 100% allemands.

En ce qui concerne les cours d'économie et le baccalauréat B, je ne regrette pas cette voie, sachant plus ou moins que j'allais me lancer dans la filière juridique, pour à la base passer les concours de la fonction publique. Il est vrai, qu'étant nulle en Maths, je n'allais pas faire S, mais dire que la filière B est une voie de dépannage me semble exagéré ; c'était, du moins à mon époque, le bac le plus équilibré, et des connaissances en économie sont loin d'être malvenues.

Information

Journalisme

Parcours "post-bac" et parcours professionnel

Commentaires sur la série "Économique et sociale"

Damien Doré

Baccalauréat B en 1991

Journaliste spécialisé en droit social

Baccalauréat

J'ai choisi la filière B à l'époque (désormais ES) sans raisons spéciales. Mon niveau scolaire m'aurait tout à fait permis d'envisager une filière S (j'ai eu 19,5/20 en mathématique au bac) ou A (le français et d'histoire ayant toujours été mes points forts). Mais il y avait dans la filière "économique" l'attrait d'une nouvelle discipline et un équilibre entre les deux autres pôles (science / lettres) qui me semblait plus intelligent que la prééminence - voire l'exclusivité - d'un seul.

J'ai eu mon Bac en 1991 et je me suis orienté vers la filière juridique.

Là encore, ce choix était lié à la volonté de découvrir cette matière dont j'ignorais tout. Et qui semblait offrir des perspectives de carrières à la fois diverses et porteuses d'opportunités professionnelles.

J'avoue avoir passé des concours d'école de commerce, notamment celui de l'ESC d'Angers. Ce fut une expérience intéressante car elle me permit de toucher du doigt la réalité des études en école de commerce. Mais j'ai renoncé très vite à cette perspective post-scolaire. Il est vrai aussi que les prépas ne m'ont pas attiré.

Études de droit

J'ai commencé mes études de droit à Tours, ait eu chacune de mes années avec mention en juin et suis allé poursuivre ces études à Paris-I Sorbonne. Là encore, j'ai eu toutes mes années avec mention en juin, étant même major de maîtrise. Puis je me suis orienté vers un DEA de droit social, matière que j'affectionne particulièrement.

Avant la fin de mes études, j'ai été recruté en CDD par un groupe d'édition, le quatrième groupe au niveau mondial.

Ma situation professionnelle

Au sortir de ce CDD, on m'a proposé un CDI que j'ai finalement décidé d'accepter (je me destinais plutôt à une carrière d'avocat, mais je me suis marié à ce moment là). J'ai donc été embauché comme journaliste spécialisé en droit social au sein de la rédaction Liaisons Sociales Quotidien, journal d'information de référence dans le domaine social et " Ressources Humaines " en France. Cette situation m'a conduit à beaucoup écrire, travailler en collaboration directe (officielle ou non) avec les parlementaires et le ministère de l'emploi et de la solidarité, écrire des ouvrages (publiés dans les fnac et ailleurs) et animer de nombreux colloques et sessions de formation.

Trois ans après, ce groupe m'a confié les rênes d'un vaste projet européen et une équipe de 4 collaborateurs dédiés, le tout accompagné d'un budget de plusieurs millions d'euros.

Au sortir de ce projet long de deux ans, et tout en continuant à travailler, j'ai décidé de retourner sur les bancs de l'école, militant convaincu des bénéficies d'une formation tout au long de la vie. Compte tenu de mon jeune âge (28 ans) je n'ai pas pu décrocher le MBA d'HEC. Mais je suis finalement très satisfait de suivre le MBA de l'université de Paris-Dauphine, en part-time.

Par ailleurs, j'ai publié sous mon nom propre l'ouvrage "35 heures : Comprendre et négocier" (éditions Liaisons) et ait co-écrit d'autres ouvrages (tous publiés aux éditions Liaisons) à savoir :

   - " Maîtriser la réforme des 35 heures " (auteur principal : K. Boullier)

   - " Négocier le temps de travail " (auteur principal F. Turlan)

    " Jurisprudence sociale " (auteur principal F. Champeaux)

   - " Appliquer les 35 heures dans une PME " (auteur principal F. Turlan).

Réflexions sur mon parcours

La lecture un peu rapide de ce résumé peut faire forte impression. Elle peut aussi laisser croire que des qualités personnelles sont à la source de cette dynamique qui m'a permis de cumuler les opportunités au sein d'un seul et même groupe pour accéder à ma situation actuelle.

S'il est vrai que j'ai pu avoir certaines facilités d'expression, de concentration ou d'organisation, les moyens mis en œuvre pour les exploiter viennent de ma scolarité. C'est en effet à cette période cruciale que l'on forge sans s'en apercevoir les mécanismes intellectuels de travail, de concentration, de raisonnement orienté … en bref, tous les outils nécessaires à sa performance intellectuelle. Il est faux de croire que l'université nous les livre ou nous aide à les construire : l'université ne livre rien d'autre que des connaissances, pratiquant une sélection sévère parmi ceux qui savent apprendre et comprendre et ceux qui ne le savent pas encore (à mon époque, le taux de réussite en première et en deuxième année de droit étaient respectivement de 10% et de 14 %).

La filière B et pas une autre

Comme indiqué tout à l'heure, je me suis orienté vers la filière B (ES) par choix et curiosité. Choix d'abord, car la prépondérance d'une dimension matheuse ou littéraire ne m'intéressait pas. Curiosité ensuite, car l'économie était une chose nouvelle. A l'époque, elle me semblait une matière paradoxale, à la fois très simple et pourtant très technique, d'une importance sociale grandissante tout en restant encore mal connue. Et je dois avouer que l'initiation à l'économie dont nous avions pu bénéficier en classe de première avait été un redoutable aiguillon.

Désormais, je crois que le choix de cette filière s'impose plus que jamais, car l'économie est au centre de tout. Il y a certes deux "économies", car une différence existe entre les théories d'Adam Smith et la lecture d'un bilan comptable d'entreprise. De même, nul ne saurait confondre un contrôleur de gestion avec un chercheur en néo-keynésianisme. Mais les clés de compréhension du monde, indépendamment de l'échelle retenue, passent de plus en plus par le domaine économique. Il est difficile de comprendre la politique américaine (et notamment sa géopolitique) sans comprendre les fondamentaux de sa doctrine économique. Nombre de dossiers, des retraites à l'inflation, des valorisations boursières aux problématiques de décentralisations en passant par le service public ou la mondialisation font directement appel aux logiques économiques.

Aussi les grilles d'analyses acquises lors de ma période scolaire me servent encore aujourd'hui, à mieux comprendre et analyser mon environnement, immédiat et global.

C'est un enseignement ouvert sur le monde et ses logiques, et non enfermé et sclérosant comme peuvent l'être certains enseignements à dominante scientifique. Mais c'est aussi un enseignement concret, utilisable et rationnel, loin du caractère parfois "naïf" que peuvent entretenir malgré eux certains cursus à forte dominante littéraire. Je crois donc qu'il continue de représenter cette voie médiane, alliant l'acquisition de mécanismes de compréhension intellectuelle à la prise en compte d'un environnement concret et complexe, au cœur duquel l'économie règne.

Qu'il me soit aussi permis de conclure en forme de mise en garde. Souvent, on opte pour de moins bonnes solutions car on pose mal le problème. A titre personnel, je crois que le souci du choix d'une filière plutôt qu'une autre s'inscrit dans une perspective post-bac. La question n'est donc pas " quelle est la filière la plus intéressante en général " mais plutôt " quelle est la filière la mieux adaptée pour obtenir telle école ou telle formation ? " En toute humilité, je crois que c'est faire un mauvais pari que de privilégier une seule filière… en tout cas pour ce qui concerne les filières universitaires. L'important demeure l'acquisition des mécanismes de réflexion, de compréhension et de travail. L'université ne les apprend pas et ne laisse aucun temps propre à leur acquisition, sanctionnant brutalement l'échec et générant des foules d'étudiant un peu perdus dans leur cursus, redoublant tant et tant qu'ils achèvent trois années sans aucun diplôme en poche. C'est cette circonstance qui renforce la nécessité d'une formation pré-universitaire complète, ouverte et en prise avec le réel. Et c'est bien cela que je ne regrette pas.

Olivier Jarrige

Baccalauréat B en 1989

Journaliste

Avec l'ambition d'être journaliste, je me suis bien sûr tourné vers l'IUT de journalisme de Tours, où j'ai été reçu. Là, il y avait des cours d'économie, mais ils ne faisaient que reprendre les grandes lignes de ce que j'avais déjà appris en terminale. Le bac éco m'a-t-il servi ? Oui, là encore, parce qu'il avait développé chez moi le souci d'être pratique, pragmatique, concret. Il y a dans le bac éco un côté "combien ça coûte ?" bien utile pour ramener sur terre des littéraires qui se complaisent dans un journalisme verbeux. Un côté « pourquoi les gens sont comme çà » aussi, même si la psychologie sociale était relativement peu développée à l'époque.

Ensuite, j’ai poursuivi mes études en intégrant l'IEP de Grenoble. Là, j'ai suivi la filière Politique. Là encore, il y avait des cours d'économie, et là encore, mes bases de terminale m'ont été plus qu'utiles pour suivre. J'irai même jusqu'à dire que j'avais une sorte de "familiarité" avec les concepts économiques, que n'avaient pas mes petits camarades de promos issus des autres filières. Je n'y ai pas particulièrement brillé (d'ailleurs je n'ai pas brillé à science-po) mais au moins je n'ai pas été largué.

Pour conclure, j'ai bouclé mes études supérieures avec un DEA de Psychologie sociale, à l'École des Hautes Études en Sciences Sociales de Paris. J'ai fait ce DEA pour trois raisons, tout aussi valables les unes que les autres.

- La psychologie sociale m'intéressait, surtout j'avais l'envie de plonger dans la sphère sociologique (j'avais été initié à la sociologie à science-po). Je cherchais à comprendre "pourquoi" les gens sont comme ils sont, après avoir longtemps appris "comment" va le monde ou "comment" votent les électeurs. Pourquoi les gens ont-ils tel ou tel comportement ? Ah !

- Au fond de moi, je ne me sentais pas prêt, à me lancer à temps plein sur le marché du travail. J'avais envie de temps pour moi, de temps pour me trouver sans doute, un temps offert par un an d'études supérieures. - enfin, pour un petit tourangeau boursier comme moi, élevé aux récits des étudiants acharnés des beaux romans du XIXe (Balzac, Vallès, tout ça), terminer ses études supérieures à Paris avait un côté "réussite sociale" incroyable.

Bon, ne nous emballons pas. J'ai choisi un sujet déjà démodé à l'époque : la psychosociologie des joueurs de jeux de rôle. J'avais la fierté d'être un précurseur. Je dois l'être toujours, tout le monde se moquant éperdument de ces jeux et de ce qu'ils signifient. Depuis, les jeux de rôles ont perdu et leur attractivité auprès des jeunes (merci les jeux vidéos, qui utilisent les mêmes ressorts) et leur aura maléfique auprès des médias (fin des faits-divers, ouf).

Et maintenant ? Je suis donc devenu journaliste au Républicain Lorrain.

Après trois ans de locale en Moselle-Est, je suis secrétaire de rédaction au service informations générales (pages France et international des quotidiens). Le DEA a plus été un handicap qu'autre chose, surtout avec un sujet de mémoire sur les joueurs de jeux de rôle. Cà m'a permis de me balader durant des années avec une étiquette d'"intello" coupé du réel.

Reste que le Bac B m'est encore utile. Notamment parce qu'il m'a donné les bases pour comprendre le monde. J'ai l'air de me répéter, mais j'en ai retiré (et merci aussi à science-po, quand même) des capacités d'analyse, de synthèse, de mise en perspective des grands équilibres économiques et sociaux qui me permettent régulièrement d'aller au-delà de ce que les dépêches AFP et les cabinets des hommes politiques veulent bien nous apprendre et parce que j'ai appris depuis mon initiation à l'économie et à la sociologie combien une théorie économique chasse l'autre et que l'idéal d'un jour ne tient pas plus longtemps qu'un vulgaire cycle de Kondratieff. Voire de Juglar, pour faire joli.

Pour parfaire le tableau, j'ajoute que je donne depuis deux automnes des cours d'écriture presse à des étudiants en licence de communication avides de devenir attaché de presse, organisateur d'évènements promotionnels ou publicitaires. Certains même rêvent d'être chef de projet multimédia comme on rêvait enfant d'une jolie boîte lego. Heureusement, j'en détourne certains de leur droit chemin pour les Inciter à devenir journalistes. Critiques, si possible.

J'avais fait Bac B par défaut et par intérêt. Par défaut parce que j'étais moyen en français (d'ailleurs j'ai eu 10/20 au bac à l'écrit, plus tard 8/20 en philo) et médiocre en maths et physique. Pour le français, ce n'était pas une répulsion farouche. Il se trouve que le français tel qu'il était enseigné, à coup de méthode de dissertation et de décortication de textes, n'était pas celui que je rêvais d'apprendre et de partager. Pour résumer, un bac littéraire était synonyme pour moi de beaux discours, de niveaux en langue élevés et d'amour de l'Art, autant de facteurs avec lesquels je n'avais aucune affinité particulière. Et où je ne me sentais tout simplement pas à l'aise. Quant aux sciences, c'était pire. J'ai eu dès le collège une capacité d’abstraction géographique, physique et mathématique, très limitée. Bref, il me restait le bac économique.

Un vivier d'avantages, le bac économique et social.

Dans le bac économique et social, j'avais l'impression de pouvoir retrouver mes semblables : des gens un peu bons partout, sans être des génies, plutôt bosseurs, plutôt concrets et plutôt socialement mélangés. A y regarder de près, je ne sais pas si c'est encore le cas aujourd'hui, j'ai l'impression que le bac B regroupaient davantage d'enfants des CSP moyennes voire basses (dont je faisais partie) que les sections littéraires ou scientifiques, cela dit, sans exagération.

Le bac B avait aussi d'autres avantages. Il ouvrait les portes de la compréhension du monde dans ses aspects économiques et sociaux. Loin des abstractions coupées des réalités des littéraires ou des matheux. Avec le bac B, on étudiait les conflits liés au pétrole, le pouvoir d'achat des ménages, le rôle du smic, l'importance vitale des politiques économiques,…

Bref, le bac B nous faisait entrer de plein pied dans le monde concret. Avec lui, on comprenait le Journal Télévisé (les blablas de PPDA, Claude Sérillon, Bruno Masure) et les gros titres des journaux. On avait le sentiment de pouvoir participer. Même, illusion des illusions, l'impression que tout nous était ouvert, que ce soit le monde des entreprises ou celui du secteur public (enfin, les filières ouvertes aux non-matheux,…). Donc, pour celui qui, comme moi, voulait devenir journaliste, le couplage des «sciences économiques et sociales» et de l’Histoire-Géographie constituait un vrai plaisir.

L'autre avantage du bac B, c'est qu'il nous poussait à lire les journaux. Ca n'a l'air de rien, mais c'est une excellente école de lecture et de réflexion sur l'état du monde.

Enseignement

Parcours "post-bac" et parcours professionnel

Commentaires sur la série "Économique et sociale"

Christophe Gibout

Baccalauréat ES en 1998

Après avoir obtenu le baccalauréat B en 1988 j'ai suivi l'IEP (Institut d'Etudes Politiques) de Toulouse, filière sociologie politique et communication, d'où je suis sorti en 1992.

J'ai ensuite entamé un DEA " Sciences de la ville ", option " droit de la ville " à l'Université de Tours, puis j'ai effectué une année universitaire à Londres (dans le cadre du programme Erasmus), laquelle constituait ma 1ère année de thèse.

Après 3 ans et demi, j'ai soutenu une thèse de Sciences Humaines - Sociologie à Tours (sur les festivals urbains en F et en GB) puis ai enchaîné sur un post-doc en Science politique et communication à Paris Dauphine.

En parallèle, dès la 2ème année de thèse, je suis parti enseigner plusieurs fois comme universitaire invité par les Affaires Étrangères au Bélarus et au Kirghizistan. Puis, j'ai obtenu un poste d'Attaché d'Enseignement et de Recherche ou vacataire en Sociologie et communication à l'Université de Poitiers (5 ans) puis en sciences sociales (au département STAPS de cette même université). Lors d'une année comme vacataire, j'ai été Maitre auxiliaire en Lettres -Hist-géo et SES en Lycée Pro ZEP - Zone sensible en banlieue Est de Paris (Chelles).

Parallèlement, j'ai mené ou encadré diverses recherches en Sciences Humaines et Sociales et, depuis Janvier 2002, je suis Maître de Conférences titulaire en Sciences sociales au département STAPs de l'Université du Littoral (Calais) où je poursuis une carrière d'enseignant-chercheur (je suis également chercheur dans un labo à la MSHS de Poitiers).

Mes impressions sur la filière B sont très positives et je l'ai toujours défendue et conseillée dès qu'une opportunité était présente. Ces études m'ont largement préparé à mon cursus de formation et professionnel et m'ont surtout appris cette rigueur d'analyse, ce souci de problématisation, cette curiosité d'esprit, cette ouverture aux autres, cette tolérance et ce souci du débat public. En un mot, elles ont largement façonné l'homme citoyen que je suis aujourd'hui et n'ai jamais eu à le regretter.

Concernant l'enseignement de " Sciences Economiques et Sociales ", j'ai déjà eu l'occasion de dire, lors d'un stage formation pour Enseignants du secondaire à Lille en 1999, le bien que j'en pensais.

Jean-Philippe Lhernould

Baccalauréat B en 1987

Maître de conférences en Droit privé

Bac B : 1987 (Lycée Descartes, Tours)

Formation universitaire :

DEUG I Sc. Eco : 1987-1988

DEUG I droit - DEA droit : 1988-1993 (Universités Rennes I et Orléans)

Doctorat en droit : 1997 (Université d'Orléans)

Parcours professionnel :

- Maître de conférences en droit privé (Université d'Orléans) : depuis le 1er septembre 1997 (spécialités : droit social, droit communautaire)

- Directeur du service des affaires internationales de l'Université d'Orléans : depuis avril 2002

- Directeur du DESS " droit de l'action sociale " et du Master " European management "

- Consultant juridique pour divers organismes / institutions (Éditeurs juridiques, entreprises privées, cabinets d'avocats, organismes publics)

Ouvrages :

- " Code annoté européen de la protection sociale ", en collaboration avec Francis Kessler, Maître de conférences à l'Université de Paris I Panthéon-Sorbonne, éd. Groupe Revue Fiduciaire, janvier 2002

- " Droit social et politiques sociales communautaires " (manuel), en collaboration avec Francis Kessler, Maître de conférences à l'Université de Paris I Panthéon-Sorbonne, éd. Liaisons sociales, janvier 2003

- " Droit du travail - relations individuelles ", éd. Universitoo, 2003.

Avec 15 années de recul et une connaissance d'autres systèmes scolaires que le système français, je suis conduit à faire plusieurs constats :

- le système français accorde une importance démesurée aux matières scientifiques. Or la pratique démontre que de nombreuses personnes titulaires d'un bac non scientifique auront une carrière professionnelle au moins aussi honorable que ces derniers. Il est tout à fait dommage de " complexer " des générations d'élèves parce qu'ils n'ont pas suivi ce qui est considéré, par une sorte de convention sociale, comme la voie de l'excellence. Suivre un cursus B n'est pas une indignité.

- les titulaires d'un Bac B suivent des parcours professionnels de niveaux très variables. Certains sont limités à des emplois subalternes après des études supérieures courtes (ou moins courtes) ; d'autres accèdent à des emplois de hauts niveaux. Ce constat, qui est valable pour les autres Bacs mais également pour les étudiants sortant de l'université avec un diplôme identique, ne se laisse pas analyser facilement. Mais il faut en retenir que le titulaire d'un Bac B peut construire un projet professionnel de haut niveau et conserver de vraies ambitions. La maturité vient parfois après le lycée ; ce fut mon cas (pour autant que je peux avoir du recul sur moi-même). Le Bac B n'est donc pas la fin de tout ; il peut être le début de quelque chose.

- la filière B présente l'avantage d'offrir une formation pluridisciplinaire et transversale, type de formation qui est d'ailleurs requise de tous les lycéens dans de nombreux pays étrangers (les " humanités "), par exemple aux USA. Ce doit être, à mon avis, une filière d'avenir car il n'est pas raisonnable, en général, d'engager les élèves dans un processus d'hyper-spécialisation dès le lycée. Il y a la une révolution à faire, en commençant par le monde enseignant. D'ailleurs, si on s'arrête sur la filière S, combien de titulaire d'un bac de cette série font un métier scientifique ? J'en vois arriver en très grande quantité dans les filières droit, économie et gestion…où ils sont souvent désavantagés car ils sont souvent plus faibles en langue et en français que d'autres. Aussi, la pluridisciplinarité est un gage d'adaptabilité, d'ouverture d'esprit. Elle est indispensable pour répondre à une donnée aujourd'hui acquise selon laquelle chaque personne occupera tout au long de sa vie professionnelle plusieurs emplois de nature différente. En accordant trop peu d'importances aux langues étrangères, à la connaissance du monde historique, géographique et économique, la filière S peut handicaper les élèves qui suivent cette voie et qui se réorientent ensuite vers une filière d'enseignement supérieur non-scientifique. Le Bac B préserve donc de nombreuses possibilités pour l'avenir, ce qui est un argument déterminant.

J'étais, pour ma part, très intéressé par l'économie, et je le suis toujours. Mais je n'ai pas suivre un cursus universitaire en ce domaine parce que je n'étais pas un bon mathématicien. Si on peut comprendre que pour devenir économètre, il faut être mathématicien, la plupart des emplois liés à l'économie et au monde des affaires ne requiert pas de compétences mathématiques…J'observerais quand même que, pour des raisons diverses (notamment liées à la forte baisse des effectifs en premier cycle universitaire de sciences économiques), les programmes ont été revus dans beaucoup d'universités et laissent moins de place aux maths, " critère de sélection " (mais doit-on encore raisonner en terme de sélection et créer des armées de gens amers, au lieu de valoriser chacun en fonction de ses propres qualités ?) franco-français. Pour conclure sur mon cas personnel, je n'ai certes pas pu faire d'études d'économie, mais le hasard fait que j'ai créé (et dirige) avec un collègue universitaire dans une université américaine un diplôme de gestion de niveau Master, diplôme dans lequel les cours sont uniquement enseignés en anglais …Tout est donc possible avec un bac B, même exercer un emploi lié à l'économie ou à la gestion !

Chloé Guillot

Baccalauréat E.S en 1995

J'ai obtenu mon bac en 1995 avec mention Bien. Pour la poursuite de mes études, j'ai hésité entre suivre une classe préparatoire HEC option Économie et une classe préparatoire à l'ENS de Cachan (filière D2). Dans les deux cas, ces formations n'étaient pas disponibles à Tours et je devais aller faire mes études à Paris. J'ai finalement opté pour la classe préparatoire à l'ENS Cachan qui permettait non seulement de préparer le concours d'entrée au département Économie Gestion de l'ENS Cachan mais aussi d'obtenir un DEUG de Sciences Économiques en parallèle. J'ai suivi la classe préparatoire du lycée Marie Curie de Sceaux (92) et le DEUG à l'Université Paris 1. J'ai obtenu mon DEUG en 1997 et réussi le concours d'entrée de l'ENS Cachan.

J'ai ensuite suivi les cours du département Économie Gestion de l'ENS Cachan entre 1997 et 2001. Ces quatre années permettent d'obtenir un Magistère d'Économie et de Gestion et se décomposent de la manière suivante :

-1997-1999 : Maîtrise de Sciences de Gestion (MSG) en accord avec l'Université Paris 12 et préparation du certificat d'économie de l'ENS de Cachan

-1999-2000 : Préparation de l'Agrégation d'Économie et de Gestion (option Gestion Commerciale) obtenue en 2000.

-2000-2001 : DEA de Gestion des Ressources Humaines et des Relations Sociales à l'Université Paris 1.

Depuis, j'ai ensuite obtenu une allocation de recherche pour poursuivre en Thèse de Sciences de Gestion à l'IAE de Paris (Institut faisant partie de l'Université Paris 1). Je suis actuellement en deuxième année de Thèse de Gestion des Ressources Humaines et je travaille sur les plans d'options sur actions (ou stock-options) mis en place dans les sociétés françaises cotées au SBF 120. Je donne en même temps des cours (" monitorat ") à l'IAE de Paris à des étudiants de MIAGE (Maîtrise de Méthodes Informatiques Appliquées à la Gestion des Entreprises). J'espère soutenir ma Thèse d'ici fin 2004 et je pense ensuite continuer à l'Université si je réussis à obtenir un poste de Maître de Conférences.

Comme vous pouvez le constater, j'ai finalement évolué de l'économie vers la gestion. L'économie m'a certes intéressée mais plusieurs raisons m'ont amenée à préférer la gestion. Tout d'abord, pour poursuivre en Thèse en économie, il est nécessaire d'avoir un très bon niveau en mathématiques, la recherche étant très modélisée ; ensuite, les postes sont peu nombreux à l'université (comparativement à la gestion) ; enfin, j'ai découvert certaines matières de gestion qui m'ont davantage intéressée.

J'ai choisi de passer en filière ES à la fin de la seconde tout d'abord car je n'étais pas du tout intéressée par les sciences naturelles et physiques (et pas très bonne élève dans ces matières !) alors que je trouvais l'économie très intéressante et la filière ES très équilibrée du point de vue des disciplines enseignées et du temps consacré à chaque matière (l'équilibre se retrouvant dans les coefficients au bac).

Dans mon souvenir, les cours de sciences économiques et sociales des trois années de lycée étaient très intéressants car ils permettaient d'acquérir de bonnes bases en économie et en sociologie. Etant donné mon parcours, je regretterais maintenant l'absence d'initiation à la gestion dans les programmes mais, avec le recul, je suis très contente d'avoir choisi cette filière en fin de seconde (plutôt que les filières S ou L).

Éric Chahinian

Bac B en 1988

Professeur certifié de SES ('île de la Réunion)

J'ai fait mes études au lycée Descartes de Tours et j'ai obtenu le Bac B en 1988. Puis j'ai fait 4 ans à l'Université de Tours pour décrocher une maîtrise de S.E.S en sciences économiques. Je suis parti à la Réunion et j'ai fait un D.E.A relations économiques et juridiques internationales (1994). Après l'armée, j'ai suivi une année à l'IUFM pour préparer le concours d'enseignant.(1995). J'enseigne à la Réunion depuis 1996.

Je la défends, c'est une filière générale mais qui permet de réfléchir sur le monde contemporain et d'avoir une bonne culture générale si on travaille correctement. Cette filière offre de nombreux débouchés.

Patrick Descourtis

Bac B en 1992

Professeur en 3ème cycle finance et management.

Bac B 1992 puis IEP de Paris puis HEC

Économiste de marchés financiers pendant 3 ans

Professeur en 3ème cycle finance et management aujourd'hui.

La filière ES est passionnante car elle offre des grilles de lecture intéressantes (les sciences sociales en général) sur l'évolution du monde dans lequel nous vivons. Et je ne suis pas au bout de ma passion pour l'économie et la pédagogie de l'économie après ces quelques années...

Isabelle Henry

Bac B en 1985

Responsable des affaires juridiques à l'Université de Technologie de Troyes

J'ai passé un bac B en 1985.

J'ai ensuite fait une faculté de droit où j'ai obtenu un Dess d'administration publique en 1990.

J'ai passé le concours des instituts régionaux d'administration à Lille en 1991.

Je suis actuellent responsable du service juridique de l'université de technologie de troyes.

Nicolas Jouan

Bac B en 1988

Professeur certifié de SES et formateur en STS au Greta (Nîmes)

Bac B en 1988 dans l'académie d'Aix-Marseille, diplômé de Sciences Po, Licencié en histoire, professeur certifié de SES au lycée Montaury de Nîmes et formateur en STS au Greta (Nîmes - Camargue).

Voilà, c'est banal comme témoignage, c'est d'ailleurs cette banalité qui devrait être reconnue !

Vincent Viollain

Bac ES en 2000

Assistant-économiste au sein du groupe SGCIB (activités de banque d'affaires de la Société Générale) et Chargé de TD de "Politique Économique" au Pôle Universitaire Léonard de Vinci

Ancien élève du lycée Descartes à Tours, j'ai été reçu au baccalauréat ES en juin 2000 avec la mention Très Bien. J'ai ensuite intégré une classe préparatoire hypokhâgne puis Sciences Po Paris où j'ai principalement étudié du droit et de l'économie. Au cours de mon cursus j'ai également étudié les Sciences Sociales à l'Université de Rome et ai régulièrement entretenu des liens avec le continent américain : au Chili où j'ai passé six mois et ai travaillé à la Mission Economique de l'Ambassade de France - mais également au Canada où j'ai réalisé en partenariat avec des étudiants de HEC Montréal une simulation de négociations à l'OMC. Dans ce cadre, je m'occupe d'une association qui travaille sur le thème du commerce international et dont l'événement principal est une simulation de négociation à l'OMC.

Diplômé de Sciences Po (promotion 2005), j'envisage de préparer un DEA en économie financière à l'Université Paris-Dauphine l'année prochaine sans préjuger de la suite de mon cursus.

Étant (encore) un tout jeune ancien élève de la filière ES, je ne peux pas parler de parcours professionnel et mon expérience étudiante et professionnelle doit encore s'enrichir.

Cela dit, je suis actuellement assistant-économiste dans le cadre d'un stage au sein du groupe SGCIB (activités de banque d'affaires de la Société Générale). Ce travail m'amène à suivre des problématiques macro-économiques mais également micro-économiques et financières. J'ai réalisé récemment une étude publiée sur les possibles conséquences d'un Non français à la Constitution européenne sur les marchés financiers.

J'ai par ailleurs la chance de m'occuper depuis 2004 d'un TD de "Politique Économique" au Pôle Universitaire Léonard de Vinci où j'enseigne au sein de l'École de Management.

- Une voie de garage ?

Et si l'on retournait cette expression selon laquelle "les lycéens en ES choisissent cette filière par dépit" ? Combien d'élèves en effet choisissent L ou S par dépit ? Certainement autant! Qui oserait affirmer en effet que la filière S est remplie de mathématiciens nés et la filière littéraire d'exégètes spécialistes en littérature russe ou allemande? Bref, il me semble que nous souffrons d'une illusion d'optique concernant la filière ES qui consiste à penser qu'elle est -disons le- la moins bonne filière du cursus général. Les tenants de cette affirmation - y compris des enseignants - sont en général confortés par les résultats au baccalauréat qui, en ES, sont souvent inférieurs à ceux d'autres filières générales. A cela je vois deux raisons principales : l'image dévalorisée de la filière qui peut effectivement conduire à orienter les plus mauvais élèves d'une seconde dans cette filière - s'ils ne s'y orientent pas d'eux-mêmes! - au mépris des enseignements qui y sont dispensés, et la difficulté même de la filière qui avec ses coefficients resserrés et son éclectisme (sciences humaines, littérature et mathématiques y sont enseignées avec le même poids), ne permet pas à tous les lycéens d'y réussir. La filière ES est donc exigeante et difficile et j'ai pu constater qu'on retrouvait à la sortie de ES des profils divers et riches dont le point commun était souvent d'avoir une grande curiosité pour le réel.

- De nombreux débouchés

Un des grands problèmes de la filière ES est celle de ses débouchés, non pas tant par ce qu'elle n'en a pas mais parce qu'on ne sait pas exactement ce qu'on peut faire avec ! A vrai dire, c'est un peu normal, cette filière est la benjamine des filières généralistes et avec un peu plus de trente ans d'existence elle en est à peine à l'âge adulte ! Pourtant à titre personnel je garde un excellent souvenir de la formation qui y est dispensée, elle m'a permis de structurer ma pensée, elle m'a appris à écrire de manière claire et organisée, à doper ma culture générale, à aiguiser ma curiosité, cela sans porter préjudice à d'autres compétences puisque j'ai ensuite étudié des lettres et de la philosophie -en hypokhâgne- et ne me sens pas diminué en mathématiques qui sont effectivement utiles en économie. Cette formation me semble hautement nécessaire à des étudiants dont on ne cesse de dire qu'on attend d'eux qu'ils soient plus "flexibles" et plus "adaptables". La filière ES détientà cet égard une longueur d'avance sur les autres en ce qu'elle propose une fo rmation réellement pluridisciplinaire.

- Une filière d'avenir !

Je me souviens encore du jour où nous avons étudié "les valeurs" en Terminale. J'étais passionné par l'idée qu'on puisse définir une société et donc son histoire à l'aune des valeurs qui la composent et qui la parcourent. En réalité je crois que la filière ES est une chance car elle correspond aux valeurs qu'entend diffuser notre société. En effet, la société et son modèle éducatif ont beaucoup changé depuis quelques dizaines d'années. D'une éducation pyramidale, centralisée et élitiste -qui reste pour une bonne part le modèle dominant- a émergé un modèle plus démocratique, plus flexible, plus immergé dans le réel. D'une éducation où l'on réussissait soit par le latin, soit par les mathématiques on est passé - encore imparfaitement, certainement lentement- à une éducation où sont valorisées les méthodes plus que la compilation de connaissances. L'attrait de très nombreuses formations pour la "culture générale" pour la "pluridisciplinarité" - mot décidemment à la mode - montrent bien que la filière ES est tout à fait en accord avec son temps et que ceux qui voudraient la faire disparaître ou en amoindrir la portée sont déconnectés des enjeux de l'éducation d'aujourd'hui.

Social - Culture

Parcours "post-bac" et parcours professionnel

Commentaires sur la série "Économique et sociale"

Marie Christine Saby

Baccalauréat E.S. en 1996

J'ai obtenu mon bac ES en 1996.

Dès la seconde, au lycée, on avait quelques heures de cours de Sciences Économiques et Sociales. je trouvais que l'économie aidait à comprendre le monde concrètement, en tous cas plus concrètement que les maths ou le français, et j'étais très intéressée par la sociologie, notamment par les quelques heures d'initiation à l'ethnologie. Ce sont ces quelques heures qui ont déterminé mes études. En effet, en première je suis entrée en filière ES, après le bac, je suis partie un an au Mexique dans une école d'ethnologie, puis de retour en France je me suis inscrite à la fac de sociologie. J'ai fait un Deug de sociologie à Tours, puis une licence et une maîtrise d'ethnologie à Marseille.

Parallèlement à mes études, j'étais engagée dans des associations, j'ai donc pu jouer sur ces deux tableaux pour trouver du travail dans une association de promotion de la culture provençale qui organise un festival international de folklore. J'y ai travaillé pendant un an, et depuis peu, je travaille dans une association de quartier en tant qu'organisatrice et chargée de communication.

On pense toujours que la sociologie ou l'ethnologie ne servent à rien et ne mènent à rien, moi je sais que mes études, en plus d'être très intéressantes, m'ont appris des choses qui me servent dans la vie quotidienne, notamment à communiquer avec des personnes d'origines sociales et culturelles très diverses. Aujourd'hui je me rends compte que mes études, conjuguées avec mon engagement associatif, m'ont permis d'exercer une activité qui me plait. En effet, à mon avis, on ne porte pas assez d'attention aux relations humaines, alors que bien souvent elles sont la clé de la réussite.

En ce qui concerne l'économie, je regrette de ne pas encore avoir approfondi cette matière, car si elle me passionne moins que la sociologie, je pense qu'elle est très utile pour comprendre les mécanismes économiques dont on se sert tous les jours, et ce que j'ai appris en première et en terminale me sert toujours aujourd'hui.

Personnellement, je pense qu'il ne faut pas se laisser influencer par les gens qui pensent qu'on a plus de chances de trouver du travail en étudiant telle ou telle matière. On a plus de chances de trouver du travail quand on fait ce qui nous intéresse, ce qui nous plaît. Toutes les matières sont intéressantes, que ce soit le français, l'histoire, l'économie ou la biologie, l'important c'est de faire ce qui nous convient.

Audrey Jouan

Baccalauréat E.S. en1995

Comptable

J'ai obtenu le baccalauréat E.S. en 1995 puis je suis entrée à l'IUT " Gestion des Entreprises et des Administrations ", j'ai obtenu ensuite une licence de gestion d'Entreprises de l'Economie Sociale au Mans avant de passer le DECF à Tours. N'étant pas d'un esprit purement "capitaliste" mon rêve était de travailler dans une association... chose difficile à trouver ! J'ai eu de la chance, je vis maintenant à la Rochelle et je travaille dans une structure du domaine du spectacle et de la production d'albums (jazz essentiellement) : cristalprod.

Je suis comptable... ce qui veut un peu tout et rien dire pour beaucoup de personnes... le DECF m'a permis de "toucher a tout"...donc je m'occupe du dossier complet : comptabilité pure, gestion financière, fiscalité, droit du travail... et calcul des redevances aux artistes en fonction de leurs ventes, beaucoup de tableaux de synthèse, des budgets etc. enfin c'est très intéressant.

Hélène Rouy

Baccalauréat B en 1992

Responsable à l'UNAPEI

Sachez d'ores et déjà que je suis persuadée que cette voie demeure l'une des formations les plus complètes proposées aux lycéens ! Je me souviens du travail (les rédactions de dissertations étaient plus nombreuses que dans les autres filières !) que ma première et l'année de mon bac ont nécessité. Les efforts ont été suivi d'effets !
Après avoir obtenu mon bac avec "mention bien" en 1992, j'ai entamé des études de droit, à l'université de Tours, jusqu'à la maîtrise, puis une année à Poitiers pour l'obtention d'un DESS en droit de l'Action Sociale. Je travaille depuis 3 ans dans une fédération d'Associations intervenant dans le domaine du handicap mental : l'UNAPEI. Je suis responsable d'un service intitulé "Droit de la Personne Handicapée". Mon métier s'avère particulièrement intéressant et riche d'expériences diversifiées. De nombreuses personnes qui travaillent à mes côtés possèdent également un bac B et sont comme moi très satisfaites de cette formation qui, même si elle paraît désormais lointaine, s'avère particulièrement complète et permet aux lycéens d'acquérir, à leur niveau, une bonne culture générale.J'ai tout particulièrement noté, lors de mon entrée à l'Université de droit, que l'entraînement reçu à la technique de la dissertation, s'avérait particulièrement utile en matière juridique !

 

Christophe...

Baccalauréat en 1989

Travaille dans un Centre hospitalier

J'ai eu mon bac B en 1989 et je peux dire que ce bac en lui même n'est pas grand chose et qu'il est loin de mener à une grande carrière.
Un bac scientifique ou technique offre de plus larges possibilités.
Le bac B est souvent un bac pour les personnes indécises et amène bien souvent à rien.
J'ai changé d'orientation il y a quelques années, j'ai choisi la filière technique, je travaille dans un centre hospitalier et si aujourd'hui j'ai un vrai travail c'est grâce à mon changement d'orientation et absolument pas grâce au bac B.

 

Divers

Parcours "post-bac" et parcours professionnel

Commentaires sur la série "Économique et sociale"

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Bac ES en 1997

Après avoir découvert les sciences économiques et sociales en classe de seconde, il m'est apparu évident que c'était dans ce domaine que je développerai ma vie professionnelle. En terminale ES (bac en 97), ma prof de maths a essayé de me décourager de faire un DEUG de Sciences Économiques à l'Université de Paris I Panthéon-Sorbonne, en raison d'un niveau trop faible en maths. Effectivement, mon DEUG ainsi que ma licence ont nécessité beaucoup de travail en maths pour que je me remette à niveau, travail qui a payé puisque j'ai obtenu une mention assez-bien en DEUG. Au cours de mon second cycle, je me suis spécialisée dans l'analyse des politiques publiques, j'ai obtenu également obtenu une mention assez-bien en maîtrise. Puis une mention bien lors d'un DEA " Économie des ressources humaines et des politiques sociales" toujours à Paris I, durant lequel je me suis spécialisée dans le domaine de l'économie sociale et solidaire, et plus exactement sur le phénomène associatif, mémoire pour lequel j'ai eu un prix de l'ADDES (Association pour le développement de la documentation sur l'économie sociale). Aujourd'hui je suis en thèse à Paris I, où je travaille sur le "les associations dans le développement local". Je me considère relativement privilégiée d'avoir la possibilité de travailler dans la recherche sur un thème qui me passionne.
J'espère que nombreux seront les élèves qui éprouveront le plaisir que j'ai pu avoir à travailler les sciences économiques et sociales.

 

F. Landier

Bac B en 1993

Musicien connu sous le nom de Rubin Steiner

Pour répondre à une des questions, je ne me rappelle pas pourquoi j'ai fait une première B. J'étais peu intéressé par les sciences, moyen en maths, peu passionné par les langues, par encore touché par la littérature et pas assez courageux pour faire arts plastiques. L'économie était juste un truc que je ne connaissais pas. C'est par pure curiosité que j'ai suivi ce cursus. J'ai du me dire aussi que cette branche était beaucoup plus ouverte que les autres (ne sachant pas quoi faire en fin de seconde, j'ai choisi la branche la moins "fermée"). Résultat, c'était non seulement un bon choix pour le contenu, mais j'ai pu caresser l'espoir de tenter science po, Khâgne, fac de droit, éco, lettres, etc. Bon, mon bac en poche, j'ai finalement fait peu d’étincelles en fac de lettres modernes (5 ans de fac, deux années de licence 4/5e jamais obtenu à cause du latin 1ère année - mais de jolies bonnes notes en littérature du Moyen-Âge !), passé mon brevet de maître nageur, fait une émission de radio, un fanzine, de la guitare etc., et aujourd'hui, je fais de la musique.

Mes années de lycée ont été une sorte de visite discrète, sans éclat majeur, sans gros travail non plus. Je me souviens avoir été ni bon ni mauvais, capable de m'en sortir sans trop forcer, mais il y a des choses qui marquent et les cours de sciences économiques et sociales ont eu une grande résonance dans ma vie après le lycée.
Mes profs de s.e.s. m’ont appris comment faire une dissertation : la problématique, le pourquoi-comment-oui-non-peut-être, l'élargissement du martial "thèse – antithèse - synthèse" en général, la méthode de rédaction de plan, ces fameux intitulés qui commençaient souvent par "dans quelle mesure". Je me fais peut-être une fausse idée du truc, mais j'avais l'impression à l'époque que les intitulés de dissertation étaient tellement précis qu'il n'y avait pas trente six manières de répondre- en gros, on savait ou pas, mais c'était dur d'inventer. En revanche, on nous invitait à ouvrir vraiment le "débat" en conclusion et c'est en cela justement que les cours (et l'éco en général) avaient un caractère "actif" et impliquant pour moi. Dire sèchement que le PIB est la somme des valeurs ajoutées par exemple, c'est assez abstrait mais, dans l'absolu, les 3/4 des choses que l'on apprend au lycée sont relativement abstraites, sauf que le prof pouvait passer une heure à nous expliquer pourquoi le PIB est la somme des valeurs ajoutées, avec des exemples très concrets, qui nous faisaient non seulement comprendre le pourquoi de cette belle équation, mais également l'importance économique de ce calcul et le caractère "vicieux" de l'interprétation de cette valeur. C'est un exemple un peu précis mais je veux dire par là qu’on ne nous a jamais donné du pré-mâché.
Je me suis acheté le bouquin d'Alain Minc cet été, "les prophètes de bonheur", et ai replongé sans problème dans cette passionnante histoire de l'invention de l'économie avec les idées d'Adam Smith, Ricardo, Keynes, Friedman avec ce drôle de sentiment d'avoir appris avec vous, mine de rien, des choses vraiment importantes pour comprendre un peu mieux le monde d'aujourd'hui. Comprendre l'économie, c'est avoir une vision globale de la chose, savoir que les choses sont intimement liées entre elles, et qu’agir sur un point modifie forcément l'ensemble. C’est voir aussi qu'il y a eu des gens qui ont tenté des trucs, dans des contextes donnés, qu'il y a des exemples, une histoire. C'est presque une base essentielle, une base qui manque dangereusement à tout un tas de petits leaders de manif' qui en arrivent à avoir des discours ultra-libéraux en pensant se battre contre la mondialisation par exemple.
A mon époque (89/90/91/92), c'était B, pas ES. ES, c'est économie et social ? Je ne sais pas si en 90 il était vraiment question de "social" mais j'ai le souvenir que les cours de « sociologie » étaient un vrai bonheur : entre les expériences comportementales de groupes, les réflexions sur les rumeurs (je me suis même fait offrir, pour mes trente ans, "légendes urbaines" que mon prof m’avait prêté à l'époque, juste parce que j'en parle vraiment souvent), les fiches de lectures de journaux, les lectures de l'économie internationale d'aujourd'hui par le spectre des grandes théories économiques et des grands courants, et plus généralement la mise en confrontation permanente des cours avec la société de maintenant, tout ça marque forcément. C'est presque dommage que ces cours ne soient pas proposés en tronc commun à toutes les sections.
Ça me fait penser aussi à ces cours durant lesquels le professeur nous avait apporté une dizaine de quotidiens de tous bords politiques. Le but du jeu était de déchiffrer leur contenu pour extraire des tendances de pensée, de la couverture aux pages culturelles en passant par les petites annonces... sans prosélytisme, on nous a fait prendre conscience de la nécessité d'une lecture "consciente" de l'information (du décodage de la "valeur ajoutée" à l'information intrinsèque). C'est maintenant un réflexe pour moi. Il ne suffit pas d'avoir différentes visions des choses pour se forger une opinion, car cela peut même fabriquer le contraire, il faut savoir décoder les visions partisanes, ne pas juger sur un préjugé, ne pas s'interdire l'auto-contradiction (Je dis ça maintenant, mais c'est parce qu’un enseignant nous l’a soufflé un jour). Et ça, aucun autre cours de lycée n'est en mesure de nous l'apprendre (même pas la philo qui est, à mon sens, bien plus un cours d'histoire de la philosophie qu'un véritable apprentissage de la sagesse).
Ça n'a apparemment rien à voir, mais j'ai vu il y a 15 jours une interview de Lévi-Strauss sur Arte. A part le fait que, pour moi du moins, c'était vraiment trop d'un seul coup (j'aurais aimé pouvoir faire "pause" à 15 reprises pour ne pas en perdre une miette !) je me suis dis que j'aurais adoré voir cette interview commentée dans le cadre d'un cours de s.e.s. avec cette idée de toujours réfléchir aux "bases" (de la société, de l'économie etc.) pour comprendre comment ça marche, et surtout aux conséquences d'une action sur l'ensemble.
Tout ça n'est pas spécifique à l'économie bien évidemment. Sauf que là, on est dans le concret le plus absolu. L'économie au service de l'homme et pas le contraire, ce genre de truc. Plus les gens maîtriseront les bases de l'économie, plus la société gagnera en sérénité, j'en suis persuadé. J'ai vu qu'il y avait des cours d'éducation civique à l'école maintenant (ça doit s'appeler autrement). La connaissance de l'économie et de la société est une forme essentielle du "civisme" non ?
Aujourd'hui, je fais de la musique (et ça marche, c'est miraculeux, que du plaisir). Je lis des romans sans penser à comment ça marche (j'ai mis du temps à évacuer ces réflexes théoriques qu'on apprend à la fac) et regarde en souriant les hommes politiques ne pas arriver à parler d'économie à la télé de peur de ne pas être compris par la très grande majorité des gens qui n'ont pas eu un seul cours d'économie dans leur vie. Ceux là même qui gueulent tout le temps et qui ont des théories implacables de café du commerce.

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